Association indépendante — Québec, Canada English
L’association

Notre mission

Déstigmatiser. Décriminaliser. Encadrer. L’ASMEQ défend la dignité, la santé et les droits des personnes qui exercent librement en salon de massage érotique — et combat sans relâche celles et ceux qui exploitent.

D’où nous venons

Une association née d’un débat public

L’ASMEQ n’est pas née dans un bureau. Elle est née à la télévision, dans les journaux et dans les salles de réunion de la Ville de Montréal, au moment où tout un secteur risquait de disparaître sans distinction.

  1. Années 2010 — La crise

    Montréal envisage la fermeture généralisée

    Sous la pression médiatique entourant des allégations de traite et d’exploitation de personnes mineures, l’administration municipale envisage de fermer l’ensemble des salons de massage de la métropole — les établissements légitimes comme les façades criminelles, sans distinction.

  2. La mobilisation

    Le milieu prend la parole

    Des voix du secteur, dont la direction de salons établis comme La Montréalaise, acceptent de sortir de l’ombre et de s’exprimer publiquement à la télévision et dans les médias. Leur message : confondre les salons tenus par des adultes consentants et les réseaux criminels, c’est punir les premiers et laisser filer les seconds.

  3. Le revirement

    La Ville réoriente son action

    Le dialogue porte ses fruits : plutôt qu’une fermeture généralisée, la Ville choisit de cibler uniquement les établissements liés à la traite des personnes, à l’implication de mineurs et au crime organisé. Les salons légitimes poursuivent leurs activités.

  4. La fondation

    Création de l’ASMEQ

    Pour pérenniser ce dialogue et donner au secteur une voix structurée, l’Association des Salons de Massage Érotique du Québec est créée. Son mandat : représenter les établissements responsables, défendre les personnes qui y travaillent librement et collaborer avec les autorités contre l’exploitation.

  5. Aujourd’hui

    La relance

    L’association reprend sa place dans l’espace public et médiatique. Le débat sur la loi C-36 et sur l’encadrement du travail du sexe au Canada est plus actuel que jamais — et le Québec mérite d’y entendre une voix posée, documentée et issue du terrain.

Notre philosophie

Regarder la réalité en face

Le massage érotique entre adultes consentants existe. Il a toujours existé, dans toutes les sociétés, sous tous les régimes juridiques. La seule question qui se pose à une société sérieuse n’est pas « comment le faire disparaître ? » — un siècle d’interdictions a démontré que cela ne fonctionne pas — mais « comment faire en sorte qu’il s’exerce sans victimes ? »

Notre réponse tient en une distinction simple et non négociable : le consentement. Des adultes qui choisissent librement d’offrir ce service méritent les mêmes droits, la même sécurité et le même respect que tout autre travailleur. Des personnes forcées, manipulées ou mineures sont des victimes, et ceux qui les exploitent sont des criminels qui doivent être poursuivis avec toute la rigueur de la loi.

La clandestinité est l’alliée des exploiteurs. Quand le travail est criminalisé, les personnes qui l’exercent ne peuvent ni déclarer leurs revenus, ni signaler un client dangereux, ni témoigner contre un trafiquant sans s’incriminer elles-mêmes. Chaque année passée sous le régime actuel est une année où les victimes restent invisibles.

À l’inverse, la reconnaissance ouvre la porte à la pleine citoyenneté économique : revenus déclarés, hypothèque, fonds de retraite, assurance maladie, protection policière. C’est cela, concrètement, la dignité.

Notre position face à l’abolitionnisme

Nous respectons la sincérité des personnes qui souhaitent l’abolition de tout travail du sexe ; beaucoup sont animées par une réelle compassion. Mais nous nous y opposons, pour des raisons que les faits appuient :

  • La criminalisation n’a jamais fait disparaître la pratique — elle l’a seulement déplacée vers des lieux plus isolés et plus dangereux, comme l’a constaté la Cour suprême dans l’arrêt Bedford (2013).
  • Elle retire la protection policière à celles et ceux qui en ont le plus besoin : on n’appelle pas la police quand son travail est un crime.
  • Elle confond victimes et adultes libres, ce qui disperse les ressources d’enquête au lieu de les concentrer sur la traite réelle.
  • L’expérience étrangère est éloquente : la Nouvelle-Zélande, qui a décriminalisé et encadré dès 2003, n’a pas connu l’explosion annoncée — mais a vu les travailleuses collaborer davantage avec la police.
Nos valeurs

Cinq engagements

  1. Dignité

    Chaque personne qui exerce ce travail librement mérite le respect, sans honte imposée ni jugement moral d’État. La dignité ne se mérite pas : elle se reconnaît.

  2. Sécurité

    Des lieux de travail sûrs, le droit de refuser tout client, des protocoles d’urgence et un accès sans crainte aux forces de l’ordre. La sécurité est la première norme, avant toute autre.

  3. Transparence

    Des établissements titulaires de permis, inspectés, à la comptabilité vérifiable. La transparence est ce qui distingue un salon responsable d’une façade criminelle.

  4. Solidarité

    Avec les travailleuses et travailleurs d’abord, mais aussi avec les victimes d’exploitation, dont la protection exige que l’on cesse de criminaliser celles et ceux qui pourraient témoigner.

  5. Responsabilité

    Tolérance zéro envers la traite, la coercition et l’implication de personnes mineures. Un membre de l’ASMEQ s’engage à des normes strictes — et à collaborer avec les autorités.

« Nous ne demandons pas de privilèges. Nous demandons que des adultes consentants aient le droit de travailler en sécurité, de payer leurs impôts et de vieillir dignement. »
— ASMEQ, déclaration de principes
FAQ

Questions fréquentes

Pourquoi l’ASMEQ a-t-elle été créée ?

L’ASMEQ est née de la mobilisation montréalaise contre un projet de fermeture généralisée des salons de massage. En distinguant publiquement les établissements légitimes des réseaux criminels, cette mobilisation a contribué à réorienter l’action de la Ville vers les seuls établissements liés à la traite, aux mineurs et au crime organisé. L’association a été fondée pour pérenniser ce dialogue entre le milieu, les autorités et le public.

L’ASMEQ respecte-t-elle les positions abolitionnistes ?

Oui, l’ASMEQ respecte la sincérité des convictions abolitionnistes, mais s’y oppose sur le fond : la criminalisation n’a jamais fait disparaître la pratique, elle l’a seulement rendue plus dangereuse ; elle prive les personnes de la protection policière ; et elle confond victimes et adultes libres, ce qui dilue les ressources consacrées à la lutte contre la traite réelle.

Que veut dire « pleine citoyenneté économique » pour l’ASMEQ ?

Que les personnes qui exercent ce travail librement puissent déclarer leurs revenus, contracter une hypothèque, cotiser à une retraite, bénéficier de l’assurance maladie et appeler la police sans crainte — exactement comme tout autre travailleur québécois.

La suite s’écrit maintenant

Lisez notre analyse de la loi C-36 et le cadre réglementaire que nous proposons pour le Québec.